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Embarquement pour l'open source

Embarquement pour l'open source

Cet article extrait de IT for Business paru en janvier 2021 nous explique comment l’Open source a conquis des pans entiers de l’informatique, au prix de quelques entorses à l’étique du mouvement initial, qui lui assurent toutefois sa survie.

2021 marquera les 30 ans du noyau Linux. A écouter les DSI, à regarder les chiffres de sa pénétration sur le marché du logiciel ou des services, à entendre les louanges tressées par les aficionados de la technique, à considérer les rachats des pépites Red Hat et GitHub par IBM et Microsoft, la messe semble dite.

10 % du marché IT et en constante progression

Quinze ans plus tard, « le mot open source n’est plus un différenciateur de premier plan », reconnaît Pierre Baudracco, fondateur de l’éditeur de messagerie Bluemind et coprésident du CNLL (Conseil national du logiciel libre). Mais s’il y a moins de symboles, il y a un vrai mouvement de fond. Aujourd’hui, de tous côtés et y compris au sein des DSI des plus grands groupes privés, l’open source n’est plus un tabou, c’est même une pratique assumée et vivace. Fin 2019, par exemple Technowlogy Group a publié (à l’initiative du CNLL, de Syntec Numérique et du pôle Systematic Paris-Region), son étude annuelle sur le marché de l’open source. Sa « part de marché » y ressortait à 10 % du marché total des logiciels et services en France, premier marché européen. Ce qui correspond à un chiffre d’affaires de 5,2 Md€ (plus de 25 Md€ pour l’ensemble de l’Europe). Surtout sa croissance reste très dynamique, avec une progression annuelle attendue à 9% (contre 4 % en moyenne pour l’IT) jusqu’en 2023 au moins. Tendance annexe, l’emploi est toujours aussi soutenu dans la filière : 60 000 emplois en France en 2020 et 70 à 80 000 à l’horizon 2021. Nul ne sait toutefois comment la pandémie actuelle impactera ces prévisions.

Cette dynamique du marché doit aussi, et ce n’est pas le moindre des paradoxes, à la présence des grands acteurs de l’écosystème traditionnel. Mais à côté de ces mastodontes, d’autres acteurs structurent en profondeur l’écosystème et assurent les développements : les fondations (Apache, Eclipse, etc.) ; les communautés de développeurs ; et bien sûr les pure playeurs, éditeurs de logiciel libre ou sociétés de services spécialisés. Selon une enquête menée par Katalyse fin 2018, ces pure players captent chaque année entre 10 et 12 % des développeurs open source français, quand les ESN en emploient six à sept fois plus. De quoi alerter Jean-Paul Smets : « le rejet du code propriétaire et fermé des éditeurs classiques est tel que beaucoup d’entreprises et d’administrations tentées par l’open source ne veulent plus du tout contracter avec des éditeurs, même du code ouvert. Ce faisant, ils se précipitent dans les bras des intégrateurs. »

IT FOR BUSINESS-Article Embarquement pour l’Open Source -Janvier 2021